La réserve de la forêt d’Ehden

 

    A Ehden, dans la forêt, marcher, méditer, découvrir la beauté de la réserve, représentent une expérience unique en yoga.

    Les divertissements et l’agitation que nous offre la vie moderne nous éloignent du silence ; et même si nous sommes entourés de silence, notre esprit ne peut rester silencieux. Si nous observons la pensée de l’homme, il semble y avoir un tourbillon ininterrompu de soucis, d’anxiété et de remords. En méditation nous essayons de suivre un procédé assez difficile : imposer le silence total à notre esprit. Or, si cela paraît difficile c’est parce que nous ne sommes pas familiers avec cette idée. L’esprit est tellement habitué à penser qu’il est facile de croire que notre existence est régie par nos pensées et que celle-ci soit la seule existence possible. Suivant la célèbre citation de Descartes  « Je pense, donc je suis », la méditation nous apprend que ce que nous sommes réellement ne peut pas s’encombrer de pensées. Le vrai Je, est notre soi, qui va au-delà de la pensée.

    Voici un exercice intéressant à faire et qui illustre bien ce que nous venons d’énoncer : à chaque fois qu’une pensée surgit à votre esprit, posez-vous la question pour savoir son origine, sa provenance. Cela vous mènera à une partie de vous-mêmes qui va au-delà de la pensée, qui la dépasse. Ainsi, soyez conscient de la pensée qu’il faudra accepter et celle qui est à rejeter. Une fois encore, nous ne sommes pas nos propres pensées. Quelque part, l’inconscient peut décider si telle pensée vaut la peine d’être poursuivie ou non, et lorsque nous serons capables d’arrêter les pensées qui nous envahissent, alors nous serons prêts à saisir le silence réel.

    La technique qui consiste à méditer autour de la question Qui suis-je ? était particulièrement recommandée par le Maître spirituel Ramana Maharshi.


Le silence en méditation

    Le silence en méditation ne signifie pas rester tranquille. Au contraire il suscite une dynamique et une vaste prise de conscience qui dépasse l’expérience de tous les jours. C’est dans le silence mental que nous pouvons atteindre une réelle prise de conscience. Le silence signifie  silence de l’esprit.

    « Le silence n’est pas silencieux, le silence parle, il parle avec éloquence. Le silence n’est pas tranquillité, le silence guide, c’est un guide parfait » Sri Chinmoy.


Les difficultés à atteindre le silence

    La difficulté à laquelle nous nous confrontons en expérimentant le silence provient de ce qu’une part de nous-mêmes ignore ce qui va se passer, c’est comme faire un saut dans l’inconnu, cette peur de l’inconnu nous empêche d’aller encore plus profondément dans la méditation. Pour saisir le silence, il faut se défaire des préoccupations concernant le futur et des regrets du passé, il est même nécessaire d’abandonner l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. Il faut ressentir le besoin d’arrêter les pensées négatives et de suspendre tout jugement de l’esprit. En prenant conscience du silence dans la méditation, nous accédons à la liberté, car, délivrés de nos pensées, nous devenons réceptifs à la paix intérieure de l’âme.

    « Le silence révèle l’amour au quêteur, aimer, s’aimer soi-même, il nous apprend qu’il ne faut pas nous haïr à cause de nos imperfections. » Sri Chinmoy.


Le silence est ressenti dans le cœur

    Dans la méditation nous dirigeons notre conscience vers le cœur, il s’agit du cœur spirituel, c’est un chakra, un centre d’énergie. Nous avons sept chakras qui sont cités en hindou, en bouddhisme ainsi que dans d’autres langues.

    Si nous nous concentrons sur le cœur spirituel qui se trouve au centre de la poitrine près du cœur physique, avec le temps nous pourrons ressentir une sensation physique comme un disque qui tournoie, et c’est bon signe. C’est dans le cœur qu’il est le plus aisé de faire taire l’esprit. Le cœur a des pouvoirs. Le cœur par nature, ne juge pas, ne pense pas, ne critique pas. Le cœur embrasse l’immensité, l’unité, l’amour. A ce moment-là nous atteignons le silence.

                                    

                                                                            Traduction de l’article de Richard Pettinger

Samedi 13 septembre 2008